Comment améliorer sa concentration pendant les révisions ?

D’après : www.semapharma.fr

 

Un étudiant en pharma se pose cette question au moins deux fois par jour en période de révisions. Cette statistique vient de nulle part, mais je suis sûre que cela a déjà été ton cas !

On a tous connu les compléments alimentaires plus mystiques les uns que les autres durant la première année (PASS/LAS). Effet placebo ou véritable efficacité ? On ne le saura jamais vraiment mais ça nous a bien aidé.

Au-delà de ça, il existe de nombreux moyens d’avoir une meilleure concentration. Il serait intéressant de booster son efficacité par ce biais. En effet, ce n’est plus une surprise pour qui que ce soit : Il vaut mieux travailler efficacement pendant sept heures que faire des journées à rallonge où notre travail est dilué dans des nuits blanches à répétition.

 

Améliorer sa concentration, un véritable challenge

Améliorer sa concentration, c’est un véritable challenge et non des moindres à relever. Si tu souhaites t’en rendre compte, je t’invite à te rendre dans la BU de ta fac et faire une petite observation des étudiants. On y trouve de tous types. Certains ont l’air de travailler de façon acharnée, et leur proportion augmente à mesure qu’on se rapproche des partiels (mémoire chasse d’eau, ça te parle ?). Certains discutent de temps à autre et ce n’est pas faute d’avoir essayé de se concentrer, d’autres sont affalés sur leur table (cf les nuits blanches).

Ne fais pas la même erreur que moi

Je me suis longuement posé cette question en troisième année de pharma, après avoir eu l’ensemble de mon premier semestre aux rattrapages. Je ne comprenais pas ! J’avais bûché tout le semestre et je n’étais pas parvenue à valider une seule matière.

Une de mes profs m’a encouragée à faire une analyse de mon efficacité. Je me suis alors rendue compte que je faisais partie d’un dernier type d’étudiants à la BU : celui dont le sac et les polys de cours passaient plus de temps à l’étage que moi, qui passais des heures au rez-de-chaussée, en pause-café. Finalement, je m’épuisais à me lever très tôt, prendre la route, démarrer un cours avant de me faire alpaguer par mes amis qui descendaient en pause. Je remontais 30 minutes avant la pause déjeuner, et j’avais l’impression d’avoir travaillé toute la matinée. J’exagère un peu les délais qui sont très caricaturaux mais assez parlants. Certes, je n’avais pas fait grand-chose, mais psychologiquement c’était tout comme, puisqu’en fin de journée, j’étais fatiguée ! Mon efficacité était au plus bas. La raison étant que je diluais mon travail dans des journées interminables. Mais malheureusement, ce n’est pas le premier arrivé et le dernier parti qui s’en sort le mieux.

Comment mieux se concentrer ?

J’ai alors radicalement changé ma méthode de travail. J’ai raccourci mes journées, fait des exercices de concentration, et ai mis en place tout un tas de rituels qui m’ont permis de tout valider avec une excellente moyenne au second semestre.

Ci-dessous quelques conseils qui si tu les appliques feront forcément leurs preuves.

1. Fais un planning

À toi de voir comment tu souhaites l’alimenter : il peut être annuel, semestriel, mensuel ou même quotidien.

Tu l’as peut-être expérimenté, mais un planning n’est pas fait pour être suivi à la lettre. En effet, il est quasiment impossible d’avoir une visibilité sur l’année à venir et ce qu’on va être capable d’emmagasiner comme informations (si tu y arrives, je salue tes capacités d’organisation !).

Quel est l’intérêt si on ne le suit pas, me diriez-vous ? En fait, l’intérêt est psychologique avant d’être pratique.

Tout d’abord, cela permet un listing des choses à faire. Ton cerveau sera ainsi capable d’appréhender tout ce qu’il a à faire, et ainsi d’avoir une vue d’ensemble. Il devra alors imbriquer dans chaque tiroir l’effort nécessaire à l’accomplissement de la tâche.

Se lancer tête baissée dans ses différentes activités sans savoir ce qu’il nous reste est d’une part angoissant, d’autre part moins efficient.

C’est pour cela qu’un agenda même quotidien est efficace : ton cerveau saura ce qu’il a à faire dans la journée, et tu seras moins tenté par les innombrables distractions, puisque, consciemment ou non, tu sauras que ce n’est pas raisonnable.

Ci-dessous, tu pourras retrouver un exemple de planning à suivre (ou pas). Et n’oublie pas, l’objectif n’est pas de culpabiliser parce que tu n’as pas réussi à le respecter. Tu peux être fier de ce que tu auras déjà accompli. Petit tip : c’est très satisfaisant de barrer les tâches accomplies sur son planning, donc fais-toi plaisir !

Excel
2. On y vient : les distractions

Il est impératif de faire un effort là-dessus. La première source de distraction, c’est le téléphone portable. De plus en plus de modèles incluent le mode “travail”/”ne pas déranger”/etc. qui permet de supprimer les notifications pendant un laps de temps. Personnellement, j’utilise ce mode lorsque je travaille, et mon efficacité a été décuplée.

Si c’est trop tentant de regarder, alors range ton téléphone dans ton sac. Crois-moi, tu peux tenir deux heures d’affilée sans le regarder 😉

En effet, si tu es bombardé d’informations, il te sera impossible d’être attelé à une tâche. Pour la même raison, le multitasking est à bannir.

Peut-être as-tu d’autres sources de distraction, je te suggère de les garder hors de ton champ de vision lorsque tu travailles.

3. “Saucisonne” ta journée

Le cerveau humain n’est pas capable de se concentrer sur des heures et des heures d’affilée. De plus, le niveau d’attention s’estompe à mesure qu’on passe du temps sur une tâche/un cours/etc.

Tu peux t’entrainer à te concentrer de plus en plus longtemps en commençant par saucissonner avec des courtes pauses de 5 minutes toutes les 25 minutes (d’après la méthode Pomodoro), puis toutes les heures. Veille à ne pas dépasser deux heures, car ce sera contre-productif.

4. Aie une bonne hygiène de vie

Tes huit heures de sommeil, ta marche quotidienne ou ta séance à la piscine ne seront jamais une perte de temps. Elles sont nécessaires à la régénération de ton organisme, y compris de ta mémoire, ton attention et ton activité cérébrale de manière globale.

Psychologiquement, tu ne peux te sentir que mieux. Cela t’aidera à avoir des moments de coupure et mieux se plonger dans tes cours une fois que tu y seras revenu(e). C’est par ce découpage de ta journée que tu évites la dilution du travail.

5. Crée-toi un espace de travail

Même si tu vis dans un petit appartement étudiant et que tu n’aimes pas les bibliothèques, tu peux toujours trouver un moyen de te créer un espace de travail. Par exemple, si tu n’as qu’une seule table, tu peux choisir un côté ou tu poses tes cours et un autre côté où tu manges.

Il faut que ton cerveau sache dans quel environnement il doit considérer que c’est l’heure du travail et qu’on ne rigole plus.

6. Le travail en groupe

Il peut être plus ou moins bénéfique. Certains étudiants rapportent une véritable efficacité. Ce point est dépendant du tempérament de chacun. Les grands solitaires seront mieux concentrés seuls, tandis que d’autres auront besoin d’être entourés pour rester focus sur son cours. Il est vrai que c’est parfois plus motivant de se dire qu’on est à plusieurs sur la même tâche ! Veille aussi à bien choisir avec qui tu te mets en groupe, il vaut parfois mieux éviter les copains proches 😀

7. Renseigne-toi

De nouvelles études sur le cerveau humain sortent très régulièrement et tu peux apprendre de nouvelles techniques de concentration.

Par exemple, tu peux retrouver des publications intéressantes et fiables sur PubMed.

Si tu as d’autres informations, n’hésite pas à nous les partager en commentaires afin d’aider le max de monde ! 🙂

 

 

Roza Chikhi

Prise de parole en public, comment se préparer ?

D’après : www.semapharma.fr

 

Eh non, cet article ne s’adresse pas uniquement aux grands timides. Peut-être que tu en es un, et c’est pourquoi tu as cliqué sur ce lien. Pourtant, à l’inverse, de nombreuses personnes non timides se posent cette question : comment être à l’aise à l’oral ?

L’aisance à l’oral, c’est comme parler une langue étrangère : ça se pratique.

Malheureusement, durant nos études de pharmacie, nous n’avons que trop peu l’occasion de pratiquer cet art. À part quelques options qui demandent des prises de parole face à une salle de TD, combien d’entre vous ont déjà tenu un discours devant un amphi plein ? Et surtout, combien d’entre vous l’ont fait sans trembler ?

Dans cet article, tu trouveras les conseils essentiels à une bonne prise de parole en public.

1. L’attaque

Ce que j’appelle l’attaque, c’est le début d’une présentation réussie, c’est ta 4ᵉ de couverture. Dès le début de la présentation, l’audience doit avoir les yeux grand ouverts, rivés sur l’estrade. Personne ne doit être sur son téléphone ou à moitié endormi. Et ça, c’est de ton ressort !

Le ton de ton intervention est donné par les premiers mots que tu emploies. Une technique assez simple est d’utiliser le registre de l’émotionnel dans ta première phrase. Par exemple, si tu fais une présentation concernant l’immunothérapie dans le cancer du sein, remplace le :

“Bonjour à tous. Aujourd’hui, je vais vous parler d’immunothérapie. Voici le plan que je vais suivre.”

Par :

“Bonjour à tous. Lors de mes recherches, j’ai été impressionné par le degré extrêmement poussé des recherches actuelles concernant le cancer du sein. Je suis ravi de pouvoir partager avec vous l’efficacité grandissante de l’immunothérapie. Pour cela, je vais commencer par aborder (annonce de plan)”

Avec une phrase pareille, tu fais une promesse, et tu ne peux qu’éveiller la curiosité de ton auditoire.

Il est compréhensible que ton sujet puisse ne pas t’intéresser. C’est parfois le cas lorsque notre prof nous impose une thématique, et malheureusement, il faut faire avec. Si le sujet ne t’intéresse pas, tu ne dois pas le laisser transparaître : surtout, ne minimise pas ton sujet. Par exemple, ne dis pas “je vais vous parler un petit peu de” ; pourquoi “un petit peu” ? Tu dois démontrer à ton auditoire que tu as des choses intéressantes à dire, efforce-toi de croire en ton sujet.

2. Les répétitions

Bien entendu, nous avons tous le réflexe de répéter 150 fois devant le miroir. Pourtant, cette méthode peut parfois être contre-productive. Il ne faut pas pour autant la négliger, car elle a aussi de nombreux bienfaits.

Cette technique va permettre de se familiariser avec sa propre présentation. Les éventuels tics de langage seront rapidement repérés et ainsi, en apprenant de ses erreurs, répéter les fera disparaître.

Un exemple typique et concret : il faut éradiquer tous les “euh”. Durant tes répétitions, à chaque “euh”, choisis un mot pour le remplacer. N’hésite pas à utiliser le dictaphone de ton téléphone : enregistre-toi en train de parler. En te réécoutant, tu vas développer un regard extérieur et tu remarqueras tout de suite les mots qui vont bien et ceux qui ne vont pas bien. Et ne t’inquiète pas, personne n’aime entendre sa voix enregistrée, mais c’est pour la bonne cause !

Il est également intéressant d’utiliser cette technique pour quelque peu embellir le vocabulaire employé. Le français est une langue très riche, n’hésite pas à rechercher des synonymes aux termes que tu emploies. D’une part, cela te permettra d’éviter les répétitions de mots. Enfin, cela démontre une parfaite maîtrise de son sujet, chose que tu as déjà puisque tu as répété ton texte !

Il faut être très vigilant à ne pas répéter de façon excessive, le risque étant de donner l’impression, le jour J, de réciter son texte. D’autre part, un trou de mémoire sera automatiquement reconnu par l’audience. Une fois que le vocabulaire à employer est connu et qu’il n’y a plus de tics de langage qui font surface, il est nécessaire d’arrêter de se répéter.

Maintenant que tu as compris ce principe de forme, passons sur le fond.

3. Aller au bout de ses idées

« Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément. »

Boileau

Cette citation doit devenir ta devise lorsque tu te prépares à une présentation orale, et je vais t’expliquer pourquoi.

À cause du stress ou peut-être d’un simple manque de préparation, il arrive souvent que l’on n’aille pas au bout de nos phrases. Il y a plusieurs cas de figure qui sont engendrés par ce stress, par exemple :

-La phrase est coupée et on passe au sujet suivant
-On termine sa phrase par “donc voilà”

La technique de répétition décrite plus haut est efficace contre cette erreur, mais il faut bien l’avoir en tête.

Si tu n’arrives pas à aller au bout de tes phrases, c’est certainement que tu n’es pas certain de ce que tu racontes. Prends donc le temps de vérifier les informations.

Tout comme une phrase commence par une majuscule et se termine par un point, la majuscule et le point doivent s’entendre à l’oral. Veille bien à les entendre avec ton dictaphone. Pour t’aider, privilégie les phrases courtes. N’hésite pas à parler plutôt lentement, et laisser un court silence à chaque point

4. Faire d’une erreur une force

Tu peux avoir préparé ta présentation de la façon la plus minutieuse possible, la perfection n’est pas de ce monde.

Ne t’inquiète pas, les personnes en face de toi savent que tu es un être humain comme eux. Les erreurs sont permises, et peuvent même parfois être bénéfiques. En effet, elles peuvent détendre l’atmosphère, mais tout dépendra de comment tu les accueilleras. Prenons quelques exemples.

Tiens, je n’en ai pas parlé, mais j’espère que tu n’as pas oublié ta bouteille d’eau ? Tu as soif à force de parler, et tu ne veux pas perturber ta présentation ? N’y pense même pas ! Prends une pause, réhydrate-toi. Les pauses ne sont pas interdites. Elles rythment ton élocution, l’audience digère les informations que tu as transmises. Et puis, qu’est-ce c’est désagréable de parler la bouche sèche !

Ensuite, je peux te donner un deuxième consul-conseil… Eh mince, j’ai fait un lapsus.
Encore une fois, ce n’est pas dramatique. En parlant suffisamment lentement, tu pourras très facilement rebondir. Plutôt que de dire “consul-conseil” et d’enchaîner les mots à la suite, tourne-le ainsi, avec de l’assurance : “consul… pardon, je veux dire conseil”. Si tu arrives en plus à mettre une touche d’humour, tu as tout gagné 😉

5. La posture

On a beaucoup parlé d’élocution, de vocabulaire, d’entraînement. C’est bien beau tout ça, mais il ne faut pas oublier que lors d’une présentation orale, on est regardés en permanence.

Lorsqu’on est détendu, notre posture est forcément différente de lorsqu’on est stressé. Toutefois, il est parfois impossible de ne pas stresser dans une situation donnée, même avec toute la bonne volonté du monde.

Si tu es stressé, cela va naturellement se traduire dans ta posture. Ainsi, il faudra que ta posture soit artificiellement adaptée au début de l’oral, le temps que ça devienne habituel et naturel.

Concernant la posture, je t’invite vivement à te filmer lors de ta préparation, tu noteras automatiquement ce qu’il y a à corriger.

L’erreur typique est de patiner. Il faut éviter de trop bouger les pieds. Il est plus appréciable visuellement d’être ancré au sol. Pour éviter d’avoir l’air raide et immobile, n’hésite pas à utiliser tes mains : tu peux “parler avec les mains”, montrer du doigt un élément sur une diapo, etc.

6. Faire participer l’audience

Ici, il n’est bien entendu pas question de faire monter des gens sur scène. Cependant, interagir avec le public peut être très efficace pour obtenir leur adhésion. En faisant parler d’autres personnes que toi, tu peux en plus relâcher la pression.

Voici quelques idées avec notre exemple de l’immunothérapie :

“Avant de démarrer, à main levée, qui connaît le pourcentage d’efficacité d’une immunothérapie sur le cancer du sein ?”

Tu peux aussi récolter l’avis de l’auditoire en proposant un sondage sur une question précise, et donner ensuite l’opinion globale en France d’après les statistiques.

Enfin, si tu as un peu de temps à la fin de ton oral et que tu sens tes interlocuteurs assez avenants, pourquoi ne pas proposer un débat de quelques minutes : “que pensez-vous de tel ou tel sujet ?” N’hésite pas à laisser parler les autres au maximum avant de donner ton avis.

Roza Chikhi

Être président d’association

D’après : www.semapharma.fr

 

Je suis pharmacienne spécialisée dans l’Assurance Qualité en industrie. J’ai suivi mes études à la faculté de pharmacie de Montpellier. Dès la P2, je me suis impliquée dans de nombreuses activités associatives, et j’ai eu la chance d’occuper le poste de Président d’association en 4ème et 5ème années.  

Le terme chance est très bien choisi ; d’une part, cette opportunité m’est tombée dessus sans que je m’y prédestine. D’autre part, du haut de mes 25 ans dont 2 années dans l’industrie pharmaceutique, je classe cette expérience comme l’une des plus enrichissantes pour moi sur le plan personnel.  

Tu ne te sens peut-être pas capable de te lancer, ou tu as peur que ce soit trop chronophage ? Alors je pense que ces quelques lignes peuvent te convaincre, et j’espère que mon expérience t’inspirera. 

Après le concours de PACES, j’ai été contactée par l’association Pharm&Cie qui se trouvait en sous-effectif et avait besoin de renforts pour rédiger quelques articles dans le journal de l’association. Passionnée par l’écriture, j’ai sauté sur cette occasion.  

J’ai très rapidement vu le potentiel de cette association étudiante. Elle vise à faire le relais entre les étudiants et le monde de l’industrie pharmaceutique à travers des événements locaux, nationaux et internationaux, des conférences ainsi que des formations. N’hésite pas à faire un tour sur son site http://pharmandcie.fr/ 

Logo Pharm&Cie

J’ai alors décidé de poursuivre comme Chargée de Rédaction, puis Responsable Journal & Newsletter. J’ai eu l’occasion de mener de nombreux projets qui me tenaient à cœur, notamment la digitalisation du Journal papier vers un Journal numérique diffusé sur les réseaux. J’étais ravie de voir mes idées florir et nos efforts payer : de plus en plus d’étudiants s’intéressaient à nos articles, le nom Pharm&Cie se popularisait de jours en jours, et pour couronner le tout je m’amusais beaucoup ! Je chapeautais une petite équipe de rédacteurs, nous prenions plaisir à relayer des informations sur le domaine de la santé et l’industrie pharmaceutique.  

Rédaction d'articles

Je naviguais dans ce petit confort, parsemé de quelques turbulences lorsque je me confrontais aux difficultés du management à petite échelle, mais malgré mes trois années d’expériences dans l’associatif, je me sentais tel un pilote novice terrifié à l’idée de prendre de la vitesse. 

La fin du mandat approche, et je suis convoquée par le Président et quelques membres actifs. Malgré ma réticence, ils arrivent à me convaincre de reprendre le flambeau et mener la barque à mon tour. Je reprends donc le poste de Président de l’association.  

A l’époque plutôt réservée, je n’avais désormais plus le choix : le flot de défis arrivait et j’allais devoir l’affronter. Le syndrome de l’imposteur laisse alors petit à petit place à une meilleure confiance en soi. Au fil de l’eau, je ne laisse plus les vagues venir à moi mais je vais à la pêche des opportunités.  

Au sein de l’équipe, je découvre les joies du management : loin d’être facile, c’est pourtant rapidement devenu très amusant. Mon premier défi était de créer une cohésion d’équipe, parce que son soutien est primordial pour se sentir en confiance et grandir avec l’association. Le second était de transcrire ma conception de l’association et mes objectifs à 1 an en un planning clair et défini, des tâcher à diviser et à suivre, et ce sans basculer dans une optique paternaliste : j’ai vite compris que le leadership passait par l’implication de tous, et être à l’écoute est souvent bien plus bénéfique que dicter sa vision des choses.  

Implication de tous

Ainsi, nous avons organisé des événements qui, trois ans après font toujours notre fierté : le Forum des Carrières Pharmaceutiques en collaboration avec de nombreuses entreprises pharmaceutiques auquel pas moins de 800 étudiants et 50 intervenants extérieurs ont participé, les ateliers de CV et Jeudis du Management avec l’aide d’une équipe dévouée au sein de Sanofi Montpellier, un voyage à Barcelone avec 50 étudiants duquel nous sommes revenus tout plein de souvenirs à raconter !  

C’est aussi à travers des événements plus ponctuels que nous avons contribué à une meilleure orientation des étudiants vers leur voie professionnelle, avec l’organisation d’afterworks à thème ou encore de visites de sites industriels.  

A mon échelle, j’ai été invitée à représenter l’association à de nombreux congrès et assemblées générales (AG), j’ai déjeuné avec des hauts représentants de l’industrie tels que le Vice-Président R&D de Sanofi Montpellier ou encore le PDG de Techni-Pharma, laboratoire pharmaceutique basé à Monaco.  

En tant que Président d’association, on apprend aussi à gérer des aspects auxquels on a rarement l’occasion de se frotter si on n’a pas déjà un passif d’auto-entrepreneur. Il s’agit par exemple de questions administratives auprès de la préfecture, de recherche de financements et subventions, de négociations de contrats avec des partenaires. J’ai atterri du jour au lendemain dans un monde très politisé où la diplomatie est de mise, et n’ayez crainte si vous voulez vous lancer car croyez-moi, j’ai tout appris sur le tas.  

Par ailleurs, il faut savoir accepter quelques échecs. 
J’ai en mémoire un projet qui a enthousiasmé toute l’équipe avant de malheureusement tomber à l’eau. Nous avions créé une application mobile entièrement dédiée au Forum des Carrières Pharmaceutiques. Un réseau social aurait permis, tout au long de la journée, d’y annoncer les prochains ateliers et conférences. Tous les participants devaient y avoir accès, étudiants comme intervenants. Tout un tas d’interactions étaient prévues comme des publications de sondages et de photos de l’évènement. C’est avec beaucoup de regrets que j’ai dû annoncer aux entreprises participantes que le budget avait été sous-évalué. Malheureusement, nos finances ne nous permettaient pas de déployer l’application.  

 

Parfois, ce qui apparait comme un échec n’est finalement que partie remise.
“PharmaConnect”, nous n’avions plus que ce mot à la bouche durant les derniers mois du mandat. C’était pour nous un final en beauté avant de passer la main au bureau successeur : une superbe salle de conférences en plein centre de Montpellier pour y accueillir une multitude d’intervenants. Sur la scène, des mini-conférences devaient se succéder à la façon “TedTalks”. Avec le traiteur et la sono, nous étions prêts à accueillir l’une des manifestations les plus grandioses de notre mandat. Voilà plusieurs semaines que je présentais le projet à nos sponsors, la fac, la commune, la région. Malheureusement, un financeur nous a fait défaut, et encore une fois, notre budget a remis en cause toute cette préparation. La bonne nouvelle ? Le bureau suivant a su profiter de notre travail en amont pour cocher les cases manquantes, et “PharmaConnect” a finalement vu le jour. 

Photo évenement PharmaConnect

Je n’ai jamais été aussi challengée du point de vue de mon organisation personnelle. Cet aspect m’inquiétait quelque peu. Je venais d’ailleurs de démissionner de l’officine où je travaillais pour pouvoir m’y consacrer. J’ai appris à jongler entre l’association, l’externat hospitalier, la recherche de stage en industrie et les cours à la fac. Malgré les réunions qui paraissaient parfois interminables -surtout si on avait passé la première heure à rigoler 😊-, je n’ai jamais mis ma vie personnelle de côté.

Je me souviens encore du dernier jour de mon mandat, nous revenions à peine de Barcelone et on m’a félicitée en AG d’avoir ramené tout le monde en vie tant ce voyage avait été mouvementé. J’avais l’impression qu’on me retirait un sac de 50 Kg du dos. Malgré tout, je conseille à tout étudiant de vivre cette expérience dont on ressort avec des compétences essentielles à la vie professionnelle, un joli carnet d’adresses, et de superbes souvenirs !

 

 

Roza Chikhi